Les idées de gauche, agents de conservation des tomates

vendredi 21 novembre 2003

Mon nom est Descloquet, prénom Jean-François. Français, originaire du Berry, et de formation scientifique. Je suis d'ailleurs membre de l'Union rationaliste depuis 1963, un des plus anciens associés de cette digne assemblée qui refuse de prendre des vessies pour des lanternes.

A cause de mon âge bien avancé, je me suis orienté vers une nourriture plus simple, plus saine, plus facile à assimiler : les fruits et légumes (avec, il est vrai, quelques laitages). Or, en 1998, le 4 juillet pour tre exact, à mon retour de vacances, en regardant dans le bac à légumes de mon réfrigérateur, j'ai trouvé les tomates que j'avais laissées là absolument intactes. Mon sang scientifique n'a bien sûr fait qu'un tour ! Pourquoi ces tomates n'avaient-elles pas pourri au fond du bac ? D'ailleurs, les poivrons juste à côté n'avaient pas bougé non plus. Pour faire toute la lumière sur ce phénomène hors du commun, j'ai donc procédé à de multiples expériences : fruits et légumes recouverts, non recouverts, bac éclairé, etc. Et, un jour, le mardi 5 mars 2002, à 18 h 15, la lumière a jailli de mon cerveau. Ce qui préservait les aliments - c'est maintenant évident -, c'est ce papier que j'avais mis en dessous pour les protéger. De nouveaux essais ont donc suivi, à base de nombreuses et différentes sortes de papier : papier toilette, Sopalin, livres, tracts, et journaux de différentes formes. J'ai rapidement abouti à la conclusion qu'il n'existait aucune différence de conservation entre les papiers non imprimés. La solution à ce problème se trouve en fait dans le papier journal et surtout... dans le positionnement politique de ce dernier.

Ainsi, au terme de multiples tentatives, je me suis rendu compte qu'une tomate se conserve moins bien si elle est posée sur le Figaro que sur le journal l'Humanité.

Pour la tomate dans le bac à légumes, le résultat de mon étude est donc le suivant :

- L'Humanité : 45 jours de conservation, fruit intact.

- Libération : 40 jours.

- Le Monde : 29 jours.

- Le Figaro : 10 jours.

- Un tract de l'UMP avec Raffarin : 2 jours.

- National hebdo : 1 jour, fruit immangeable et taché.

Au vu de ces expériences que je mène depuis de nombreuses années, il semble donc clair que les opinions politiques agissent sur la conservation des fruits et légumes, et que, sous l'influence des idées de droite, la qualité des aliments se détériore. Et plus le texte est à droite, plus le végétal pourrit vite. Scientifique amateur, je ne demande pas le prix Nobel de biologie, mais je pense avoir fait là une découverte fondamentale : un "quelque chose" issu du message imprimé se transmet au légume posé dessus. Vous aussi vous pouvez, de manière très simple, reproduire cette expérience, et je me tiens à votre entière disposition pour vous y aider.

Jean-François Descloquet

ŠLibération