FILMOGRAPHIE DES SERIALS
Comics et Bandes dessinées adaptés au Cinéma

 


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Entretien avec Larry Buster Crabbe
par Pascal MERIGEAU et Stephane BOURGOIN
paru dans " SÉRIE B " © Editions EDILIG 1983

C'est en fait grâce à la natation que vous êtes venu au cinéma...

C'est exact. J'ai commencé à nager à l'âge de quatre ans, à Hawaï. Et en 1932, j'ai gagné le quatre-cents mètres nage libre des Jeux Olympiques. Si j'avais terminé seulement deuxième ou troisième, je n'aurais jamais fait de cinéma, et aujourd'hui je serais sans doute homme de loi à Honolulu. Mais à la suite de ma victoire, je fus engagé par Paramount, pour tenir le rôle principal dans un film de jungle.

C'était une sorte d'imitation de Tarzan, King of the Jungle...

En effet. Et contre mon gré, on me sortait de ma jungle pour me ramener à la civilisation. Le film était fort bien réalisé, par Bruce Humberstone, et il était en tout cas bien supérieur au serial dans lequel je devais incarner Tarzan, quelques années plus tard.

 

Je crois bien que c'était vraiment la plus mauvaise adaptation
jamais faite de l'oeuvre de Burroughs.
Comment êtes-vous devenu Flash Gordon ?

J'adorais les bandes dessinées d'Alex Raymond. C'était pour moi le plus grand spécialiste du genre, avec Norman Rockwell. Un jour, j'appris par Hollywood Reporter que Universal avait un Flash Gordon en projet. Cela me paraissait un peu insensé comment traduire en images l'imagination débordante d'Alex Raymond ? Toutefois, cela m'intéressait suffisamment pour que j'aille au studio, voir qui passait les tests. A cette époque, tout le monde connaissait au moins une personne dans chaque studio et je n'eus donc pas beaucoup de mal à entrer. J'étais sur le point de repartir, lorsque quelqu'un attira sur moi l'attention du producteur, Harry McRae. Il vint vers moi et me demanda ce que je faisais là. Je lui répondis que j'étais venu simplement par curiosité. Ce qui était vrai. On discuta un moment, et finalement, il me demanda si j'avais envie de jouer le rôle. J'étais alors sous contrat avec Paramount, et je le lui dis. Il répondit qu'il allait s'arranger pour que Paramount " me prête " à Universal, le temps d'un film. Dans ce cas, je serais bien obligé de faire le film, mais j'espérais bien que Paramount refuserait, ou que je serais alors sur un autre film. Mais en octobre 1936, j'étais à Universal, prêt à tourner le premier de la série. Je fis en tout trois Flash Gordon, en 1936, l938 et 1940.

Et en 1939, vous avez tourné un Buck Rogers.

Oui, parce que le studio voulait changer un peu de Flash Gordon. Mais ils en mirent un autre en chantier. Et celui-là, c'était vraiment une escroquerie. Un mélange entre un deuxième Buck Rogers et un troisième Flash Gordon. La véritable raison qui les a amenés à le tourner est qu'ils avaient un nombre impressionnant de stock-shots à utiliser, provenant surtout des deux films précédents. Ils n'avaient donc pas besoin de construire de nouveaux décors. Comme ils avaient à peu près les mêmes acteurs, ils choisirent de faire un troisième Flash Gordon, plutôt qu'un second Buck Rogers.

Qu'avez-vous fait entre King of the Jungle et Flash Gordon ?

Je tournais des films pour Sol Lesser, qui produisit pas mal de Tarzan. Et puis à la Paramount j'acceptais tout ce qu'on me proposait, ce qui m'a permis d'apprendre toutes les ficelles du métier. Je jouais " les durs ", " les méchants " dans des tas de Séries B, avec des gens passionnants, Akim Tamiroff, J. Carrol Naish, Robert Preston, Lloyd Nolan, Anthony Quinn, qui débutait à cette époque. J'ai tourné aussi pas mal de westerns, adaptés par Paramount de l'oeuvre de Zane Grey. Il y en avait en particulier un qui était excellent, Nevada. Je fus aussi prêté à d'autres studios. J'ai même été le héros d'un film avec W.C. Fields, Akim Tamiroff et Cesar Romero. Au cours de cette période, j'ai surtout beaucoup appris en travaillant avec Akim Tamiroff. J. Carrol Naish observait le moindre geste de Tamiroff lui aussi...

Comment se passait le tournage de Flash Gordon ?

Nous étions obligés de nous lever à sept heures le matin, pour le maquillage. A huit heures, nous étions prêts à tourner : Nous ne sortions jamais du studio, pas même pour le repas du soir. Nous dînions sur le décor, avant de travailler encore quelques heures. Les acteurs étaient censés pouvoir disposer de douze heures de repos entre chaque jour de tournage, mais à cette époque les syndicats n'étaient pas très puis- sants, surtout à la Universal ! Cela dit, ce fut vraiment une surprise pour moi d'apprendre que quand le film fut distribué, en 1937, il était le deuxième des films Universal les plus rentables.

Que pensez-vous des serials lorsque vous les revoyez aujourd'hui ?

A mon avis, les scénarios, et plus encore les dialogues, étaient en général déplorables. Je pense sincèrement qu'ils étaient très mal faits. Mais les enfants allaient au cinéma pour s'amuser, être surpris par le peuple de la forêt, les hommes-requins ou les dragons, alors ils ne disaient pas que le dialogue était mauvais, ou que c'était mal fait, ils étaient passionnés. Et ils revenaient la semaine suivante. C'est ce pour quoi les serials étaient conçus.

Que pensez-vous des westerns que vous avez tournés chez PRC ?

Lamentables ! La seule chose intéressante est d'avoir fait de Billy the Kid un héros, dans l'interminable série que j'ai tournée. Souvent les personnages n'étaient pas même cadrés ; mais cela aurait coûté trop cher de recommencer, alors on s'en contentait. PRC avait déjà la réputation de produire les films les moins chers de tout Hollywood, et les budgets de leurs westerns étaient en moyenne deux fois moins élevés que ceux de leurs autres films... Dans l'un d'entre eux, dont j'ai oublié le titre, on me voyait même sauter de cheval pour atterrir sur un matelas ! Il est vrai que la plupart étaient tournés en moins d'une semaine...

Pourqoi Sam Newfield utilisait-il des pseudonymes (Sherman Scott, Peter Stewart) ?

Il pensait qu'il n'était pas bon que les gens sachent qu'une seule et même personne réalisait tous ces films sur Billy the Kid. La série dut d'ailleurs changer de titre, car beaucoup n' aimaient pas qu'un hors-la-loi soit montré comme un héros. Les films étaient produits par le frère de Sam Newfield, Sigmund Neufeld, qui dirigeait le département western chez PRC. J'ai également tourné, sous la direction de Newfield, un film de jungle assez amusant, avec Julie London.

Avez-vous vu Flesh Gordon ?

En partie. J'ai quitté la salle, car je trouvais ça exécrable, mis à part les effets spéciaux, qui sont plutôt réussis.

Universal aurait en projet un remake de Flash Gordon. En avez-vous entendu parler ?

On m'a même contacté ! Non pour jouer le rôle de Flash, mais pour celui de Ming, son ennemi héréditaire, l'empereur de la planète Mongo. On parle aussi d'un Tarzan, très fidèle à l'oeuvre originale, un projet de plusieurs millions de dollars. C'est Robert Towne, l'auteur de Chinatown, qui doit écrire le scénario.

Vous-même avez fait un " come-back " dans un western assez curieux, The come-back Trail ?

Cela aurait pu être un bon film. Mais il n'y avait pas de scénario, et les acteurs étaient plutôt médiocres. Et puis le réalisateur multipliait les effets " nouvelle vague ", ce qui devait finalement empêcher le film d'être exploité commercialement. Plus le film était raté, plus il paraissait heureux.

Ce film mis à part, qu'avez-vous fait récemment ?

J'ai assisté à plus de quatre-vingts conventions, tant sur la Série B que sur le western ou sur le serial. Depuis plus de dix-huit ans, je travaille pour une compagnie spécialisée dans les piscines, et je tourne pas mal de publicités pour la télévision

Pensez-vous faire de nouveau de la télévision ?

J'aimerais bien, mais je n'y crois pas. Mon meilleur souvenir, à la télévision, reste la série du Capitaine Gal
lant, sur la légion, car je jouais aux côtés de mon fils. Aujourd'hui, je m'intéresse surtout à mes affaires, et à ma famille... et je nage tous les jours plusieurs kilomètres dans ma piscine.

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Liens/Links :

www.movieflix.com / Serials / Front de Libération télévisuelle /
Flash Gordon Conquers The Universe
/Dick Tracy / Superfan : Historique /
Tarzan contre les Nazis / Des Comics au Musical
Batman & Robin: L'Historique / Just Imagine - 1930 / Un Siècle de Polar Francophone
Louis Feuillade / Rocky Horror : Flash Gordon / BD Policière / Tony LoBue's Flash Gordon Web Site


Paru dans "SERIE B"
© Editions EDILIG 1983
Couverture de Marc Taraskoff


Filmographie des Serials :
(EN CONSTRUCTION)

Ace Drummond - 1936
Batman - 1943
Batman and Robin - 1949
Blackhawk - 1952
Blondie
Brenda Starr - 1945
Bringing Up Father
Brick Bradford - 1948
Bruce Gentry - 1946
Buck Rogers - 1939
Captain America - 1943
Captain Marvel - 1941
Charlie Chan - 1941
Dick Tracy - 1937
Don Winslow - 1943
Flash Gordon - 1936
Hop Harrigan - 1946
Jane Arden - 1939
Joe Palooka - 1946
Jungle Jim - 1937
King of the Royal Mounted - 1940
Lil Abner - 1940
Little Jodine - 1946
Little Orphan Annie - 1932
The Lone Ranger - 1938
Mandrake - 1939
The Phantom - 1943
The Phantom of Empire - 1935
Prince Valiant - 1951
Radio Patrol - 1937
Bring them Alive - 1934
Red Barry - 1938
Red Ryder - 1940
Sad Sack - 1957
Secret Agent X9 - 1937
Skippy - 1931
Smilin'Jack - 1942
Spy Smasher - 1942
Superman - 1948
Tailspin Tommy - 1934
Tarzan - 1932/1939
Tarzan - 1941/1943
Tarzan - 1945/1948
Tex Granger - 1948
Terry et les Pirates - 1940
Tim Tyler's Luck - 1938
The Vigilante -1947




KING OF THE JUNGLE (1932)





Tarzan the Fearless

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